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Liens harmoniques présente les divers concerts et spectacles de l'Ensemble vocal Arpège, du Chœur HEP, du Chœur de chambre HEP et de l'Ensemble Alternances.

Ces ensembles donnent des concerts en commun ou séparément et sont tous dirigés par le chef de chœur et d'orchestre Julien Laloux qui fait le lien entre eux. Avec le soutien de différentes formations – l'Orchestre de Chambre de Lausanne, le Sinfonietta de Lausanne, Die Freitagsakademie – les programmes présentés sont basés sur l'originalité des œuvres ou sur la manière de les interpréter, notamment sur la recherche de fusion des harmoniques entre voix et instruments.

Les interprètes créent, au fil du temps, un fort lien avec leur public.

Mozart - Grande Messe en ut mineur

Jeudi 9 juin 2016 à 20h30

Cathédrale de Lausanne

 

 

 

Ensemble vocal Arpège

Chœur HEP

Die Freitagsakademie

Direction : Julien Laloux

Solistes : Sabina FulgosiAnnina Künzi

Jakob Pilgram, Marc-Olivier Oetterli

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Wolfgang Amadeus Mozart 

Symphonie en Do n°36 "Linz" KV 425

Regina coeli KV 276

Grande Messe en ut KV 427

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Médias :

RTS - Les Matinales - 09.06.16 - Mozart - K427
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Invitation au voyage et prise de liberté

 

Un pèlerinage qui irait de la Messe en si de Bach à la Missa Solemnis de Beethoven, passerait naturellement par la Grande Messe en ut de Mozart.

 

Installé depuis un an à Vienne, et alors que Constance Weber est malade, Mozart s’est promis de composer une messe et de la faire jouer à Salzbourg si la jeune fille guérit et qu'il peut l'épouser. Les événements – joies et déceptions – de sa vie musicale, affective et familiale ne lui permettent pas de tenir sa promesse. C'est finalement une année plus tard, en été 1783, que le père et la sœur accueillent Wolfgang et sa jeune épouse. Un accueil glacial, car les Mozart n’acceptent pas vraiment la bru au sein de leur famille. Quelques semaines après son arrivée, le couple est frappé par une mauvaise nouvelle venue les  endeuiller : leur nouveau-né, resté à Vienne, est décédé. Malgré ce climat douloureux, la Grande Messe en ut est créée en l'église Saint-Pierre, avec Constance comme soprano I.

 

En composant ce chef-d'œuvre, Mozart fait preuve d'une incroyable perception et d'une compréhension de la dualité de la vie que les moyens techniques et musicaux des maîtres baroques – miroirs et chromatismes – lui permettent d'exprimer au plus proche de sa sensibilité. Cette dualité, il l'oppose ou l'enrichit – suivant le contexte théologique – d'une "trinité", comme le faisait Bach, en son temps.

 

Dès 1782, Mozart a la chance de "rencontrer" le grand maître baroque chaque dimanche chez le Baron van Swieten, mécène et grand amateur de musique. Le bénéfice de ces découvertes musicales se retrouve dans la Grande Messe en ut. Mozart y ajoute son sens de la dramaturgie. Il a déjà composé plusieurs opéras – Les Noces de Figaro, l'Enlèvement au Sérail  - et sait parfaitement "mettre en scène" le sens profond d'un texte. Ainsi, il isole le Jesu Christe – cas unique dans l'histoire de la musique – pour en souligner la puissance avant la magistrale fugue qui conclut le Gloria.

 

Comme dans la Messe en si de Bach, Mozart n'hésite pas à passer à 5 ou 8 voix (double chœur) pour densifier la texture musicale. L'œuvre n'étant pas une commande, il en profite pour affirmer son besoin de liberté et cela, justement, dans la ville où il a tant souffert, sous l'autorité despotique de l'archevêque Colloredo. L'effectif est gigantesque, les trombones acquièrent une nouvelle autonomie en se détachant du strict doublage des voix, l'écriture devient plus complexe, plus grandiose. Deux ans après avoir démissionné, quitté sa ville natale et s’être imposé comme l’un des premiers artistes indépendants, Mozart s'affirme. Il met en pratique les mots de son dernier opéra l'Enlèvement au Sérail : "Jamais un cœur né dans la liberté, ne se laisse réduire en esclavage." Julien Laloux